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Pseudarthrose : Définition, Symptômes et Traitements

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Votre fracture ne guérit pas correctement ? La douleur reste présente des mois après l’accident ? Vous vous demandez si cette absence de consolidation est normale ?

Vous êtes peut-être face à une pseudarthrose. C’est le terme médical pour une fracture qui ne guérit pas. C’est une complication que l’on craint après une fracture, mais il existe aujourd’hui des solutions efficaces pour relancer la consolidation osseuse.

Qu’est-ce que la pseudarthrose ? Une définition précise

La pseudarthrose est définie par une absence de consolidation d’une fracture dans un délai considéré comme normal. En général, si une fracture n’est toujours pas guérie après 6 à 9 mois, on parle de pseudarthrose. Le corps n’arrive plus à réparer l’os tout seul.

Pour comprendre, il faut savoir comment un os guérit. Après une fracture, le corps crée un cal osseux, une sorte de « ciment » naturel qui ressoude les deux morceaux d’os. Dans le cas de la pseudarthrose, ce processus échoue. Le cal osseux ne se forme pas, ou il se forme mal, et les fragments osseux restent mobiles. Cela crée une sorte de « fausse articulation » là où il ne devrait pas y en avoir.

Il ne faut pas confondre la pseudarthrose avec un simple retard de consolidation. Un retard signifie que la guérison prend plus de temps que la moyenne, mais elle est toujours en cours. La pseudarthrose, c’est un arrêt complet du processus de guérison.

Certains os sont plus sujets à développer une pseudarthrose :

  • Le scaphoïde (un petit os du poignet)
  • Le tibia (l’os principal de la jambe)
  • Le col du fémur (au niveau de la hanche)
  • L’humérus (l’os du bras)

Les différents types de pseudarthrose : Comprendre le diagnostic

Pour choisir le bon traitement, le médecin doit d’abord identifier le type de pseudarthrose. On distingue deux grandes familles : la pseudarthrose aseptique (la plus courante) et la septique (liée à une infection).

La pseudarthrose aseptique (la plus fréquente)

« Aseptique » veut dire qu’il n’y a pas d’infection. Dans cette catégorie, on trouve deux sous-types avec des causes très différentes.

  • La pseudarthrose atrophique : L’os est « fainéant ». Le problème est biologique : il n’y a pas assez de vascularisation (le sang n’arrive pas bien). L’os ne reçoit pas les nutriments nécessaires et ne tente même pas de former un cal osseux. À la radio, les extrémités de l’os apparaissent fines et amincies.
  • La pseudarthrose hypertrophique : Ici, l’os essaie de guérir, mais il le fait de manière anarchique. Il produit un cal osseux excessif et désorganisé, qui donne une image de « patte d’éléphant » à la radio. Le problème n’est pas biologique mais mécanique : la fracture n’est pas assez stable (par exemple, à cause d’une mauvaise immobilisation).
Caractéristique Pseudarthrose Atrophique Pseudarthrose Hypertrophique
Cause principale Biologique (manque de sang) Mécanique (manque de stabilité)
Aspect à la radio Extrémités osseuses fines, pas de cal Gros cal désorganisé (« patte d’éléphant »)
Traitement type Stimuler la biologie (greffe osseuse) Stabiliser la fracture (ostéosynthèse)

La pseudarthrose septique (infectée)

C’est le cas le plus complexe. Une infection par une bactérie est présente au niveau de la fracture. Cette infection empêche toute consolidation et doit être traitée en priorité. Sans l’élimination du microbe, aucune guérison de l’os n’est possible. Le traitement est souvent plus long et se fait en plusieurs étapes chirurgicales.

Quelles sont les causes et les facteurs de risque ?

Plusieurs éléments peuvent empêcher une fracture de guérir correctement. On peut les classer en deux catégories.

Facteurs liés à la fracture et au traitement

  • Une fracture ouverte, où l’os a traversé la peau, car le risque d’infection est élevé.
  • Un grand déplacement des fragments osseux.
  • Une mauvaise immobilisation (plâtre mal fait, ostéosynthèse pas assez rigide).
  • Une mauvaise vascularisation de la zone (certains os sont naturellement mal irrigués).
  • Une infection survenue après la chirurgie initiale.

Facteurs liés au patient

  • Le tabagisme : c’est l’ennemi numéro un de la consolidation osseuse. Il réduit l’arrivée de sang et d’oxygène aux os.
  • Le diabète, surtout s’il est mal équilibré.
  • L’alcoolisme chronique.
  • Certaines carences nutritionnelles (vitamine D, calcium).
  • L’âge avancé du patient.
  • La prise de certains médicaments comme les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ou les corticoïdes sur une longue durée.

Symptômes et diagnostic de la pseudarthrose

Le principal signe qui doit alerter est la persistance ou la réapparition de la douleur plusieurs mois après la fracture. D’autres symptômes peuvent être présents.

  • Une douleur persistante au niveau de la fracture, qui peut augmenter à l’effort mais être aussi présente au repos.
  • Une mobilité anormale de l’os : on peut sentir que le membre n’est pas « solide ».
  • Un gonflement, une rougeur ou une chaleur locale qui ne disparaît pas.
  • Des difficultés à utiliser le membre touché (par exemple, impossible de s’appuyer sur sa jambe).

Pour confirmer le diagnostic, l’examen clinique ne suffit pas. Le médecin s’appuie sur l’imagerie médicale. Les radiographies standards sont le premier outil. Elles permettent de voir l’absence de cal osseux entre les fragments de la fracture. Pour avoir une vision plus précise, un scanner (tomodensitométrie) est souvent nécessaire pour analyser en 3D la structure de l’os et planifier une éventuelle chirurgie.

Traitements de la pseudarthrose : quelles sont les solutions ?

Le traitement d’une pseudarthrose est presque toujours chirurgical. L’objectif est double : redonner une bonne stabilité à la fracture et stimuler la capacité de l’os à guérir.

Traitement de la pseudarthrose septique

Quand il y a une infection, la priorité est de la nettoyer. Le traitement se fait généralement en deux temps :

  1. Une première chirurgie pour nettoyer complètement la zone infectée, enlever le matériel d’ostéosynthèse s’il y en a, et retirer les tissus morts. Des antibiotiques sont administrés pendant plusieurs semaines.
  2. Une fois l’infection maîtrisée, une deuxième chirurgie est réalisée pour reconstruire l’os, souvent avec une greffe osseuse et une nouvelle ostéosynthèse.

Traitement de la pseudarthrose aseptique

La chirurgie reste la solution principale. Le chirurgien choisit la technique la plus adaptée au type de pseudarthrose (atrophique ou hypertrophique).

  • La greffe osseuse : C’est la solution pour les pseudarthroses atrophiques. Le chirurgien prélève un fragment d’os du patient lui-même (souvent sur l’os du bassin) pour le placer au niveau de la fracture. Cette greffe apporte des cellules et des facteurs de croissance qui vont relancer le processus de guérison.
  • L’ostéosynthèse : Elle vise à stabiliser parfaitement la fracture, ce qui est crucial pour les pseudarthroses hypertrophiques. On utilise du matériel comme des plaques, des vis ou un clou à l’intérieur de l’os. Souvent, on combine ostéosynthèse et greffe osseuse.
Et les traitements non-chirurgicaux ?

Pour certains cas de pseudarthrose, notamment atrophique, des alternatives moins invasives existent. La thérapie par ondes de choc extracorporelles peut être proposée. Elle consiste à envoyer des ondes à haute énergie sur la fracture pour stimuler la circulation sanguine et la formation du cal osseux.

L’importance de corriger les facteurs de risque

Aucun traitement ne sera pleinement efficace si les facteurs de risque ne sont pas corrigés. L’arrêt complet et définitif du tabac est une condition non négociable pour la réussite de l’opération. De même, un bon équilibre du diabète et une alimentation saine sont essentiels pour mettre toutes les chances de son côté.

L’avis de notre expert orthopédiste

« La pseudarthrose n’est pas une fatalité. Un diagnostic précis du type (aseptique ou septique, atrophique ou hypertrophique) est la clé pour proposer le bon traitement. La chirurgie, combinant stabilisation mécanique et stimulation biologique, offre d’excellents résultats. Mais je le dis à tous mes patients : corriger les facteurs de risque comme le tabagisme est tout aussi crucial que l’opération elle-même pour la réussite du traitement. »

FAQ – Questions fréquentes sur la pseudarthrose

Comment peut-on guérir d’une pseudarthrose ?

La guérison passe le plus souvent par une intervention chirurgicale. Selon le cas, le chirurgien va stabiliser la fracture avec des plaques ou des vis (ostéosynthèse) et/ou stimuler la formation d’os avec une greffe osseuse. L’arrêt des facteurs de risque comme le tabac est indispensable.

Quelle est la différence entre un cal vicieux et une pseudarthrose ?

Ce sont deux complications différentes d’une fracture. Un cal vicieux, c’est quand l’os a consolidé, mais dans une mauvaise position (il est tordu). La pseudarthrose, c’est quand l’os n’a pas consolidé du tout. Dans le premier cas, l’os est solide mais déformé ; dans le second, il reste une mobilité anormale.

Combien de temps dure la guérison après une opération ?

La guérison est longue. Il faut compter plusieurs mois pour obtenir une consolidation osseuse solide après l’opération. Cette période est suivie d’une rééducation avec un kinésithérapeute pour retrouver la mobilité et la force du membre. La patience et l’implication du patient sont essentielles.

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